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Ce que les médias ont passé sous silence……

Séance du Conseil Municipal du 14 décembre 2016

Intervention de Jean Claude DESCHAMPS concernant les subventions aux clubs pro.

Mes chères et chers collègues,

Je profite de cette délibération pour réitérer mes propos sur les relations entre les collectivités et le sport professionnel et vous faire par de mes interrogations confirmées par le rapport récent d’une mission d’information présidée par Michel SA VIN ( 2014) qui fait 30 propositions pour sortir progressivement de cette situation c’est à dire  les subventions aux clubs professionnels, la propriété et le financement publics des stades.

Les questions et les interrogations :

-Les collectivités ont-elles leur place aux côtés du sport professionnel dans un contexte de contraction des finances publiques ? Surement pas au prix actuel

-C’est un modèle à « bout de souffle » et  l’objectif est de couper le cordon  entre sport business et l’argent public.

Ce coup de ciseaux est une nécessité, tant le décalage s’accroît entre les moyens des acteurs du sport-spectacle et ceux, exsangues, des collectivités.

-La montée en puissance de l’industrie du sport professionnel remet en cause la légitimité même des aides publiques

 

-Il n’est plus acceptable de voir les clubs s’engager dans une inflation des dépenses salariales pour recruter les meilleurs joueurs souvent étrangers alors que les collectivités assument seules les investissements dans les équipements sportifs sans bénéficier des recettes des droits télévisés  

 

-Une solution sans ambiguïté : la propriété des enceintes doit revenir aux clubs professionnels.

Les collectivités qui souhaiteraient conserver la propriété de leurs infrastructures seraient incitées à en déléguer la gestion aux clubs résidents.

Pour les stades à venir, le but est d’en finir avec des enceintes intégralement payées sur fonds publics. .

 

Quant aux Ligues professionnelle elles sont bourrée de fric et brille par leur absence tout en ayant des exigences inacceptables .

Ses propositions ont-elles pour autant des chances d’aboutir ?  c’est peu probable et ce pour plusieurs raisons:

 

-La ministre des Sports (Socialiste) de l’époque les a enterrées

-On voit mal par ailleurs les dirigeants des clubs professionnels se faire « hara-kiri »… sans y être contraints

-Enfin, on peut douter aussi que tous les élus locaux soient résolus à « couper le cordon » entre eux et « leurs » clubs, tant les relations avec le sport pro échappent parfois à la rationalité économique.

Ce n’est pas une raison pour baisser les bras et pour moi j’en remettrai une couche à chaque foi que ce sera possible c’est ma façon d’essayer de faire bouger les lignes concernant les relations entre les collectivités et les clubs professionnels.

Exemple de la grande région: En raisons des restrictions budgétaires certains projets ont été considérablement réduits voir supprimés et pour 2017 elle prévoit de baisser les subventions à tous les clubs sportifs….. Je lui conseille vivement de réduire dans un premier temps puis de supprimer celles des clubs pro afin de maintenir celles des clubs amateurs.

L’ensemble des aides publiques ( Région, ville et département  en fonctionnement et prestations ) versées à la SASP-CABCL représente environ 2.000.000 euros soit près de 15% du budget du club soit 150.000 euros par math à Brive…

Mes propos n’ont pas pour but de stigmatiser notre Club le CABCL mais de traiter ce sujet en général et faire prendre conscience que ça ne peut plus durer car de nouvelles restrictions budgétaires nous pendent au nez.

Si les retombées économiques sont si importantes c’est bien la preuve que le soutien au CABCL doit venir du tissus économique qui ne représente que 45% du budget.

Par contre on ne parle jamais ou peu des retombées en matière de solidarité et de cohésion sociale  de l’ensemble des clubs dit amateurs et autres associations.

C’est bien la pourtant que des efforts doivent être maintenus voire renforcés.

Dans un contexte budgétaire que vous ne cessez de rappeler pour ne pas dire reprocher j’ai été un des premiers à soutenir la plus part de vos décisions pour la réduction des dépenses.

Sommes nous exactement dans le cadre de l’article L113-2 du code du sport ?

Sur la subvention concernant les contrats de prestations de service, certainement, mais sur la subvention de fonctionnement et notamment la formation, à la lecture de certains documents j’en doute.

Mai tout de même arrêtons nous un instant sur la situation du club:

Sur les effectifs:

-Joueurs pros: 38  ( 22 JIFF et 16 non JIFF) *joueur issu de formation française

-Joueurs espoir: 10 (4 JIFF et 6 non JIFF)

-Contrats JIFF: 22 dont 5 seulement formés au club.

 

Sur la bilan au 30/06/2015 on constate:

-Que le capital social du club est de 5.240.000 mais que les fonds propres ne sont que de 947.000 euros et donc perte de plus 80% du capital.

-Qu’il y a quant même 2.000.000 euros de produits constatés d’avance soit 15% des recettes…..ça fait beaucoup….

Si la SASP CABCL devait rembourser son passif avec la totalité du capital cela représenterai 9.534.755 pour un actif réalisable de 5.364.467 soit un manque de 4.170.288 euros 30/06/2015.

Mais heureusement l’actif circulant de 4.482.586 est supérieur de 150.000 euros par rapport aux dettes exigibles qui sont de 4.333.922.

Le club a-t-il convoqué l’assemblée des actionnaires puisqu’il y a perte de plus de la moitié du capital?

A-t-il publié le résultat au journal des annonces légales ? A-t-il fait une augmentation capital?

J’espère que vous allez me rassurer et qu’au bilan du 30/06/2016 tout va bien….ou mieux..

On constate également au 30/06/2015

-Que les recettes stades  ne sont que de   821.000 + 660.000 abonnements soit seulement 10% des recettes…

-Que le sponsoring est de 5.700.000 soit 45% des recettes.

-Que pour le reste il s’agit des subventions des collectivités 2.000.000 euros et des droits télé  3.400.000 euros

-Que la masse salariale est de 10.000.000 euros

 

Ces chiffres ne font que renforcer mes convictions et le CABCL est l’un des plus petit budget du TOP 14 alors imaginez la proportion que prennent  ces chiffres dans des budgets de 30 à 35 million d’euros voire plus……

Si pour l’instant je suis assez favorable au versement de prestations de service je suis contre les subventions de fonctionnement.

 

C’est la raison pour laquelle sur cette délibération dans la partie subventions de fonctionnement au club pro, même si nous ne sommes pas dans la démesure par rapport à d’autres villes, je ne vous suivrait pas car elles échappent à toute rationalité économique.

Les collectivités n’on pas vocation à combler les déficits des clubs pro et les récents scandales financiers dont le rugby n’est pas à l’abri (dixit le président de la Fédération) devrait nous faire réfléchir.

Le football vient de décerner le ballon d’or à l’évasion fiscale…….le tennis est dans la tourmente….attention à la contagion…..

Mes propos ont pour but de faire prendre conscience aux dirigeants des clubs pro que ça ne va pas durer et qu’ils devrons tôt ou tard se passer des aides publiques.

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