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Brive, la France, le Portugal, l’Europe

 

Dimanche 10 juillet, un Briviste d’une vingtaine d’années a volé le drapeau de la sous-préfecture pour aller le brandir dans le théâtre de verdure de La Guierle, où était prévue la retransmission. Interpellé, mis en garde à vue, il n’a pu assister au match.

Même si l’on ne peut bien sûr pas accepter le vol, ce fait plutôt comique m’amène à quelques réflexions.

Je trouve plutôt réjouissant que des jeunes aient envie de tenir un drapeau français, dans un temps où notre nation est si fragilisée par des attaques de l’intérieur et de l’extérieur.

L’Euro de football a eu le mérite de montrer la fraternité des peuples européens. Supporters irlandais, islandais, gallois, hongrois, belges, polonais, suédois… se sont découverts et reconnus. Nous, Français, nous sommes aperçus que ces hommes et ces femmes venus de toute l’Europe étaient à la fois singuliers et en même temps très proches de nous. Nous avons eu la preuve pendant un mois que l’on est Français et Européen, Belge et Européen, Irlandais et Européen… De même qu’aux États-Unis, il n’y a pas plus Texan qu’un Texan, pas plus Californien qu’un Californien, et pourtant tous deux se revendiquentAméricains, et fiers de l’être.

Au moment où David Cameron, puis José Manuel Barroso (ancien président de la Commission Européenne qui va émarger chez le symbole des excès de la finance dans le monde, la banque Goldman Sachs), ont, par leurs calculs pitoyables, mis gravement en péril la construction européenne, c’est-à-dire la paix, des supporters et des joueurs, ont dans les rues, les bars, les stades et sur le terrain, fait vivre l’Europe plus sûrement que des dirigeants discrédités.

Dimanche soir, personne n’a perdu. D’abord parce que beaucoup d’hommes et de femmes, à Brive comme ailleurs, sont partagés entre la France et le Portugal, soit qu’ils aient des origines dans les deux pays, soit qu’ils aiment ces deux cultures et ces deux équipes. Ensuite parce que le football est un sport et que le sport est une belle chose, qui rassemble les gens et ne les divise pas Enfin parce que dans une ville de France, un garçon de 20 ans s’est senti assez fou pour escalader le portail de la sous-préfecture, grimper au mur pour décrocher le drapeau tricolore et l’agiter au milieu de milliers de personnes rassemblées devant un match. Il vaut mieux ça. Il vaut mieux que ceux qui cassent du flic et insultent la République, qui sont l’inverse de la France et de l’Europe.

Le football, parfois dénaturé par l’indécence des salaires et le comportement de joueurs stars, rassemble, donne du rêve et de la joie.

Du 10 juin au 10 juillet 2016, il a aussi montré que nous étions tous Européens et que nous nous en portions bien. Ne l’oublions pas dans les mois à venir.

Pierre-Yves ROUBERT

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